Selon RFI Afrique, le 28 mai 2026, les députés français ont voté pour l’abrogation du Code noir, un texte historique qui, depuis 1685, avait organisé juridiquement l’esclavage dans les colonies françaises. Bien que l’esclavage ait été aboli en France en 1848, le Code noir n’avait jamais été explicitement abrogé, laissant une trace de ce sombre chapitre de l’histoire coloniale française.

Cette décision législative intervient dans un contexte où les débats sur la mémoire coloniale et l'esclavage prennent une place de plus en plus centrale dans la société française. Les critiques de la France, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, évoquent souvent la nécessité de faire face à ce passé douloureux pour avancer vers une réconciliation véritable. Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur émérite à l'université Columbia, souligne que ce vote est une invitation pour la France à regarder dans le miroir de son propre passé. Il souligne que l’abrogation du Code noir est un acte symbolique qui pourrait ouvrir la voie à une réflexion approfondie sur la manière dont la France aborde son histoire coloniale.

Ce geste politique est perçu par certains comme une tentative de réhabilitation de l'image de la France à l'échelle internationale, mais d'autres estiment qu'il reste beaucoup à faire pour véritablement réparer les injustices passées. L'abrogation du Code noir pourrait ainsi être une première étape vers des mesures plus concrètes en faveur de la mémoire et de la justice pour les descendants des esclaves.

La discussion autour de l'abrogation de ce code s'inscrit également dans un cadre plus large de revendications sur la décolonisation des esprits et des politiques. Les descendants d'esclaves et les mouvements anticoloniaux à travers le monde suivent ce développement avec un intérêt prononcé, espérant que cela puisse mener à des changements significatifs dans les relations entre la France et ses anciennes colonies.

En somme, l’abrogation du Code noir représente un moment crucial dans le processus de reconnaissance de l'impact de la colonisation. Si le vote a eu lieu, la question demeure : quelle sera la suite ? Les attentes sont élevées, tant pour les acteurs politiques que pour les citoyens concernés.