Selon Journal du Cameroun, à quelques mois des élections de 2027, l’économiste Serge Alain Godong livre une réflexion profonde sur le paysage politique du Cameroun, notamment sur la confrontation entre Paul Biya et Maurice Kamto. Godong évoque un régime « ouvertement crépusculaire », où l’électorat semble privilégier la certitude du connu plutôt que l'incertitude d’un changement potentiel.

Dans son analyse, Godong évoque la « théorie des jeux » et le « dilemme du prisonnier » pour justifier pourquoi Kamto n’a pas pu remporter les élections de 2018 et pourquoi sa victoire en 2027 semble peu probable. Selon lui, les Camerounais, au nombre d’environ 8,5 millions d’électeurs, ne voteront pour Kamto que s'ils sont convaincus qu'il peut mieux garantir leurs intérêts que Biya. Actuellement, ils perçoivent Biya comme un garant de leurs avantages matériels, alors que Kamto apparaît comme une option risquée.

Godong identifie environ 16 millions de Camerounais comme des « gagnants », bénéficiant d'emplois dans le secteur public ou des marchés privés. Ces individus, qui partagent des intérêts communs, sont susceptibles de voter pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et son candidat, Biya. La situation actuelle est jugée déficitaire, mais beaucoup d’électeurs semblent préférer la stabilité du statu quo à une avancée vers l’inconnu.

L'auteur aborde également le « problème bamiléké », en distinguant entre territoire et liberté. Ce concept explique la perception de Kamto par certains comme une menace à un ordre établi. Godong évoque un système où les relations entre les Camerounais sont marquées par des intérêts personnels et une forme de « manger ensemble », où chacun préserve ses propres avantages au détriment des autres.

Enfin, Godong conclut que le vainqueur des futures élections n'aura d'autre choix que d'agir rapidement et efficacement pour redistribuer les ressources et se concentrer sur l'économie. Les enjeux de croissance, de réduction du déficit et de lutte contre la corruption sont urgents pour le pays. L'analyste prédit que la dynamique politique au Cameroun devra évoluer pour répondre à ces défis, appelant à un leadership fort et engagé, qu'il soit incarné par Biya ou un autre acteur.