Selon Jeune Afrique, le débat sur l'excision a refait surface au Mali, alimenté par une campagne pro-excision virale sur les réseaux sociaux. Face à cette situation, le gouvernement militaire dirigé par le colonel Assimi Goïta cherche à reprendre le contrôle de la narrative en s'alignant davantage sur les leaders religieux et en demandant aux ONG de suspendre leurs efforts de prévention contre cette pratique.

L'excision, qui est une tradition dans plusieurs communautés au Mali et dans d'autres pays africains, est un sujet de controverse intense, en raison de ses implications sur les droits des femmes et la santé. De nombreuses ONG et mouvements de défense des droits de l'homme s'opposent fermement à cette pratique, la qualifiant de violation des droits fondamentaux. Cependant, certains segments de la population, souvent influencés par des réseaux sociaux et des discours religieux, revendiquent la préservation de cette tradition.

La réponse de la junte militaire semble viser à apaiser les tensions avec ces groupes religieux. Dans un contexte où le pays fait face à des défis de sécurité importants, Assimi Goïta pourrait chercher à solidifier son pouvoir en s'appuyant sur des valeurs culturelles traditionnelles. En effet, l'excision est souvent perçue comme un rite d'initiation dans certaines communautés, ce qui rend le débat encore plus complexe.

La suspension des actions de prévention par les ONG est également alarmante, car cela pourrait signifier un recul dans la lutte pour les droits des femmes et des jeunes filles au Mali. Les critiques de cette décision affirment qu'elle constitue une menace pour la santé et la sécurité de nombreuses filles, exposées à des risques physiques et psychologiques considérables en raison de cette pratique.

La situation au Mali reflète des tensions plus larges entre tradition et modernité, ainsi que des luttes de pouvoir locales. Alors que des voix s'élèvent pour défendre les droits des filles, d'autres cherchent à maintenir des pratiques culturelles qui ont été transmises de génération en génération. Ce débat est donc non seulement un enjeu de santé publique mais également un champ de bataille idéologique et politique.