Selon RFI Afrique, à l'occasion du quatrième anniversaire du putsch militaire survenu le 30 septembre 2022, des opposants burkinabés en exil ont publié sur les réseaux sociaux une liste documentée de 86 enlèvements attribués à la junte au pouvoir à Ouagadougou. Cette initiative, qui s'intitule « Les disparus d'Ibrahim Traoré », vise à attirer l'attention sur l'autoritarisme et les violations des droits humains commises par le régime actuel.

La junte militaire, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, a pris le pouvoir en 2022 à la suite d'un coup d'État qui a renversé le président élu. Depuis lors, la situation sécuritaire et politique dans le pays s'est détériorée, entraînant une répression accrue des voix dissidentes. Les opposants en exil cherchent ainsi à honorer la mémoire des victimes de ces actes de répression et à donner une visibilité internationale à leurs souffrances.

La publication de cette liste intervient dans un contexte de tensions politiques, où les critiques de la junte sont souvent réduites au silence. Les initiateurs de cette action espèrent non seulement dénoncer ces violations, mais aussi mobiliser l'opinion publique nationale et internationale contre les abus de pouvoir. En rendant publiques ces informations, ils souhaitent également encourager la communauté internationale à privilégier le respect des droits humains et à soutenir les efforts de réconciliation et de retour à un gouvernement démocratique.

Ce trombinoscope des disparus représente un acte de résistance symbolique des opposants qui ne souhaitent pas être oubliés et qui luttent pour la justice. Au-delà de ce document, cette action soulève des questions cruciales sur l'État de droit au Burkina Faso et sur le chemin à parcourir pour rétablir la démocratie dans le pays. La situation actuelle reste délicate, avec des défis sécuritaires majeurs et une population en quête de stabilité.