Selon Lefaso.net Burkina Faso, le recours croissant aux appellations telles que « tonton », « tanti » ou « cousin » dans les familles urbaines du Burkina Faso soulève des questions sur les liens de parenté traditionnels. Mamadou Lamine Sanogo, un expert en sociolinguistique, indique que bien que ces termes facilitent les interactions quotidiennes, ils masquent également les distinctions qui sont fondamentales pour la compréhension des relations familiales dans le milieu mandé.

Ce phénomène est particulièrement visible dans les villes, où la modernisation et l'urbanisation modifient les dynamiques familiales. Les appellations traditionnelles, qui portaient des significations spécifiques et des liens clairs entre les membres de la famille élargie, tendent à disparaître au profit de termes plus génériques. Cela peut aboutir à un effacement de la mémoire collective et historique des familles.

Sanogo souligne que ces changements ne sont pas simplement linguistiques mais aussi culturels. La terminologie familiale joue un rôle crucial dans la transmission des valeurs et des traditions d'une génération à l'autre. En remplaçant des termes spécifiques par des appellations plus vagues, les jeunes générations pourraient perdre un sens de leur identité et de leur histoire familiale, ce qui pourrait avoir des conséquences à long terme sur la cohésion sociale.

Le défi qui se pose est donc de trouver un équilibre entre l'adaptation à la modernité et la préservation des traditions. Les familles pourraient bénéficier d'une réflexion sur la manière dont elles choisissent d'appeler leurs membres et sur la signification de ces termes dans le cadre de leur héritage culturel. Pour Sanogo, il est essentiel de réévaluer l'importance des termes de parenté pour maintenir un lien fort entre les générations et préserver la mémoire collective.