Selon Journal du Cameroun, l’artiste camerounais Longue Longue, connu pour ses positions engagées, a regagné Yaoundé cette nuit après avoir été expulsé de France. Conformément à une mesure des autorités françaises, il a quitté le sol français le 18 juin 2026, ce qui a marqué la fin d’un feuilleton judiciaire qui a agité les médias. À son arrivée, il a été conduit à la direction de la police judiciaire du Centre pour une audition, qui a conduit à sa libération provisoire.

Longue Longue, de son vrai nom Simon Longkana Agno, est désormais hébergé dans un hôtel à Yaoundé grâce à la médiation de Françoise Puene, femme d’affaires et sénatrice du Rdpc. Cette dernière a joué un rôle crucial en persuadant l’artiste d’adhérer au mouvement des Biyaïstes, un acte qui lui a permis d’éviter la détention malgré un avis de recherche déjà en cours contre lui pour « outrage au chef de l’État ».

Le commissaire de police Vincent de Paul Meva avait émis cet avis de recherche le 15 juin 2026, avant même le retour de Longue Longue au Cameroun. Cependant, sa mise en détention, redoutée par de nombreux Camerounais, n’a pas eu lieu, probablement grâce à l’intercession de la sénatrice. Ensemble, ils avaient discuté en France de la nécessité pour l’artiste de changer d’orientation et de soutenir le président Paul Biya. En effet, au lieu de critiquer le régime en place, Longue Longue a désormais choisi de se positionner en tant que soutien public du président.

Ce revirement est significatif car, jusqu’à présent, l’artiste avait maintenu une posture apolitique, se concentrant sur sa carrière musicale sans s’aligner derrière un parti politique. Toutefois, la pression sociopolitique et les menaces d’arrestation ont modifié sa position. Dans une vidéo récemment publiée, la rencontre avec la sénatrice a été présentée comme le début d’un nouveau chapitre pour Longue Longue, qui pourrait bien utiliser son talent musical pour appuyer le régime plutôt que de le critiquer.

Pour l’instant, le cadre juridique entourant la procédure pour « outrage au chef de l’État » reste flou. Les Camerounais s’interrogent sur les implications de ce soutien et sur l’avenir de la carrière de Longue Longue, ainsi que son engagement envers le mouvement des Biyaïstes. Une question demeure : cet engagement politique va-t-il transformer sa musique en un instrument de propagande pour le régime ? La suite de l’affaire pourrait avoir des répercussions sur sa popularité et sa liberté d’expression.