Selon Journal du Cameroun, le Cameroun s'engage dans une transformation significative de son système financier à travers une Stratégie nationale de développement du secteur financier (SNDSF) lancée en mai 2026 par le ministre des Finances Louis Paul Motaze. Cette stratégie vise à faire du Cameroun une place financière capable de soutenir la transformation structurelle de son économie d'ici 2030. Avec une enveloppe prévisionnelle de 102 milliards FCFA, le gouvernement camerounais a défini un plan articulé autour de six axes principaux.

L'un des principaux objectifs est d'augmenter la contribution du secteur financier au produit intérieur brut (PIB), qui est actuellement de 3%, pour l'élever entre 7 et 10% d'ici 2030. Cela devrait permettre d'engendrer une croissance supplémentaire de 2,3 points de croissance annuelle en moyenne, soit environ 105 milliards FCFA de recettes additionnelles par an.

Parmi les réformes prioritaires, la création d'une caisse de refinancement hypothécaire a été mise en avant pour remédier à un déficit de logement évalué à 2,5 millions d'unités. Cette initiative vise à faciliter le financement à long terme, qui est souvent perçu comme un point faible du marché. De plus, le gouvernement envisage de mettre en place une société de gestion des fonds de garantie pour améliorer l'accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises (PME) et restructurer la Banque des PME, tout en introduisant un fonds de refinancement pour les Établissements de Microfinance (EMF).

Un autre aspect essentiel de cette stratégie est le renforcement du recouvrement des créances. Le taux de créances douteuses, qui atteignait 13,4% dans les banques en 2022, nécessite des mesures immédiates. Pour sécuriser les prêts, un bureau d'information sur le crédit (BIC) est également prévu. En complément, Yaoundé mise sur la formation dans les métiers de la finance et encourage la transformation des EMF en banques commerciales avec l'objectif d'augmenter leur nombre de 16 à 30 d'ici 2030.

En densifiant la bancarisation et en améliorant l'intermédiation financière, le Cameroun espère attirer des investisseurs et renforcer les liens avec sa diaspora. Ces réformes visent à rendre le système financier plus inclusif, plus robuste, et véritablement au service du développement économique du pays. Cette feuille de route représente une ambition forte pour le Cameroun et pourrait avoir des répercussions significatives sur son avenir économique.