Selon RFI Afrique, un rapport publié le 10 juin 2026 par l'ONG Global Witness met en lumière le rôle central du Rwanda dans le commerce illicite du coltan extrait de l'est de la République Démocratique du Congo (RDC). Le coltan, utilisé dans la fabrication de produits électroniques tels que les téléphones et les ordinateurs, est contrôlé par le mouvement rebelle AFC/M23, ce qui soulève des préoccupations éthiques et politiques majeures.

Le rapport, fruit d'une enquête d'un an, identifie plusieurs entreprises rwandaises actives dans l'exportation de ce minerai de conflit, ainsi que les fonderies chinoises qui le transforment. Parmi les grandes marques mondiales mentionnées figurent des géants de la technologie comme Microsoft, Apple, Amazon et Sony, qui se retrouvent en bout de chaîne d'un système d'approvisionnement controversé.

Les enquêteurs révèlent que le système international de traçabilité, qui devrait garantir des approvisionnements responsables et éthiques, a en réalité servi à camoufler l'origine illégale de ce minerai. Alex Kopp, chercheur à Global Witness, souligne que le mécanisme censé empêcher le blanchiment du coltan a été détourné, permettant à des entreprises de continuer à tirer parti de la situation déplorable en RDC.

Cette situation soulève des questions importantes sur la responsabilité des multinationales dans la chaîne d'approvisionnement et leur impact sur les conflits en cours en Afrique centrale. La communauté internationale est interpellée sur la nécessité de renforcer les mécanismes de traçabilité pour éviter que des matériaux provenant de zones de conflit ne pénètrent sur les marchés mondiaux.

En somme, ce rapport met en lumière les liens complexes entre le commerce international de ressources naturelles et les conflits armés, et appelle à une action collective pour garantir que les entreprises opérant dans ces régions respectent des normes éthiques strictes.