Selon Journal du Cameroun, un tribunal fédéral américain a récemment condamné trois Américains d’origine camerounaise pour leur rôle dans la crise anglophone qui frappe le Cameroun. Les trois hommes, Francis Chenyi (52 ans), Lah Nestor Langmi (49 ans) et Claude Ngenevu Chi (43 ans), ont été trouvés coupables d’avoir fourni un soutien financier et logistique à des groupes séparatistes armés opérant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Les peines infligées varient : Chenyi et Langmi doivent purger 15 ans de prison chacun, tandis que Chi écopera de cinq ans et trois mois. En plus de leurs peines de prison, chacun des condamnés sera soumis à trois ans de liberté surveillée après leur incarcération. Le tribunal a mis en lumière leur implication dans un réseau de financement qui a facilité la fabrication et l'utilisation d'engins explosifs improvisés, utilisés lors d'attaques dans plusieurs villes camerounaises, y compris près du stade qui devait accueillir la CAN 2021.

Les accusations portent également sur des opérations d’enlèvements, dont celui du chef traditionnel Fonmbam Aforteka, ainsi que du cardinal Christian Tumi, décédé. Langmi a été spécifiquement mentionné pour son rôle dans la coordination de ces opérations. Chenyi, quant à lui, a contribué financièrement à ce réseau.

Cette décision intervient dans un contexte où d'autres Camerounais ont également été condamnés aux États-Unis pour des motifs similaires. En 2024, une trentaine de leaders séparatistes avaient été traduits en justice après des plaintes déposées par le cabinet Me Nsahlai, à la demande de l'État camerounais. Les États-Unis ont affirmé leur engagement à poursuivre et juger ceux soupçonnés de financement d'actes terroristes au Cameroun, renforçant ainsi leur collaboration avec le gouvernement camerounais pour lutter contre le terrorisme.

Cette affaire souligne l'importance croissante des actions judiciaires internationales face à des crises locales, et met en lumière les défis persistants qui résultent de la crise anglophone, qui dure depuis plusieurs années. Les accusations et les condamnations de ces individus illustrent la complexité et la gravité de la situation en cours au Cameroun.