Selon Mail & Guardian Afrique du Sud, l'Eswatini a récemment signé un accord avec Taïwan d'une valeur de 300 millions de dollars pour la construction d'une immense réserve stratégique de pétrole. Ce projet est perçu comme un pari risqué dans un pays qui fait face à des défis économiques majeurs, notamment une pauvreté de plus en plus profonde et un taux de chômage qui ne cesse d'augmenter.
La décision d'investir dans une réserve de pétrole soulève de nombreuses questions sur les priorités économiques du pays. En effet, l'Eswatini est confrontée à des allégations d'enrichissement des élites, alors que la majorité de la population lutte pour subvenir à ses besoins fondamentaux. Les critiques pointent du doigt le contraste entre cet investissement dans le pétrole et la réalité de plus de 70 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
Les défenseurs du projet soutiennent qu'une réserve stratégique de pétrole pourrait renforcer la sécurité énergétique de l'Eswatini et offrir une opportunité de développement économique. Cependant, d'autres estiment que cet argent aurait pu être mieux utilisé pour améliorer les infrastructures existantes, l'éducation ou les services de santé, qui sont en crise dans le pays.
En outre, la dépendance à l'égard d'un investissement étranger, surtout d'un pays comme Taïwan, suscite des préoccupations sur la souveraineté économique et politique de l'Eswatini. Les relations avec Taïwan, qui ne sont pas reconnues par de nombreux pays africains, ajoutent une couche de complexité à cette initiative.
Alors que la population continue de vivre des conditions de vie précaires, le gouvernement d'Eswatini se retrouve dans une position délicate, devant justifier ses choix d'investissement tout en répondant aux besoins urgents de son peuple. L'issue de ce projet pourrait avoir des implications majeures sur l'avenir du pays, tant sur le plan économique que social.