Selon RFI Afrique, le 30 septembre, Aliko Dangote, le milliardaire nigérian et homme le plus riche d'Afrique, a officiellement lancé la construction d'une méga-raffinerie à Lamu, au Kenya. Ce projet ambitieux a pour objectif de rendre l'Afrique de l'Est autosuffisante en matière de consommation de produits pétroliers. La cérémonie a vu la participation de plusieurs chefs d'État africains, témoignant de l'importance de cette initiative pour la région.

La question qui se pose cependant est la suivante : pourquoi Aliko Dangote a-t-il choisi de construire cette raffinerie dans un pays où les réserves de pétrole sont presque inexistantes ? Selon Benjamin Augé, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales, cette décision s’inscrit dans une logique économique et stratégique. En effet, le Kenya pourrait devenir un hub énergétique pour l’Afrique de l’Est, attirant des investissements et renforçant l'autonomie régionale par rapport aux importations de pétrole.

Le manque de raffineries en Afrique a historiquement conduit à une forte dépendance à l'importation de produits pétroliers, ce qui a souvent mis les économies africaines en situation vulnérable, particulièrement face aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole. La méga-raffinerie de Dangote pourrait jouer un rôle clé dans la stabilisation des prix, en fournissant des produits raffinés localement. Ce projet pourrait également créer des milliers d'emplois et stimuler le développement économique régional.

La raffinerie, qui devrait ouvrir ses portes d'ici 2030, représente donc non seulement une avancée significative pour le Kenya, mais également pour toute l'Afrique de l'Est. L'initiative pourrait inspirer d'autres pays africains à investir dans des infrastructures similaires, renforçant ainsi l'intégration économique du continent et sa capacité à répondre à ses propres besoins énergétiques.