Selon RFI Afrique, une opération menée par les autorités mozambicaines a permis la saisie de 1,4 tonne de fentanyl cachée dans des flacons de cosmétiques à l'aéroport de Maputo. Cette drogue de synthèse avait été expédiée depuis Campinas, dans l'État de Sao Paulo, au Brésil, et a fait une escale à Luanda, en Angola, avant d'atteindre son point de destination. Cette saisie est particulièrement alarmante, car elle survient seulement deux mois après qu'une autre opération similaire ait permis de saisir 3,7 tonnes de la même substance dans le même aéroport.

Les enquêteurs commencent à s'interroger sur le fait que ces saisies successives puissent indiquer l'établissement d'une nouvelle route pour le trafic de drogues de synthèse en Afrique. Le fentanyl, un opioïde synthétique, a déjà causé des ravages aux États-Unis, entraînant de nombreuses surdoses et décès. La montée en puissance du trafic de cette drogue en Afrique pourrait avoir des conséquences graves pour la santé publique et la sécurité dans la région.

Stéphane Quéré, expert en criminologie et animateur du site criminologique crimorg.com, a été interviewé par RFI pour discuter des implications de ces saisies. Il souligne que le Mozambique pourrait devenir un point de transit crucial pour le fentanyl, qui pourrait non seulement toucher des pays voisins, mais aussi potentiellement s'étendre à d'autres régions du continent. Cette situation soulève des inquiétudes quant à un possible boom du trafic de drogues de synthèse en Afrique, alors que les gouvernements tentent encore de lutter contre d'autres formes de criminalité organisée.

La lutte contre le trafic de fentanyl nécessitera une coopération internationale accrue, ainsi qu'une sensibilisation du public sur les dangers de ce type de drogue. Les autorités africaines devront également renforcer leurs capacités d'intervention et de contrôle aux frontières pour éviter que le continent ne devienne une cible pour les cartels de drogue.