Selon Nyasa Times Malawi, le gouvernement du Malawi a récemment décidé de revenir à un ancien système de bons en papier pour sa Farm Inputs Subsidy Programme (Fisp), un programme qui fournit chaque année des engrais et des semences à plus d'un million de ménages. Cette décision, qui implique un budget de 111 milliards de kwachas, suscite des craintes quant à l'éventuelle réouverture de la porte à des pratiques de corruption et à des abus.
Le programme Fisp a été un pilier crucial pour la sécurité alimentaire au Malawi, mais il a également connu des scandales notables dans le passé. Les critiques affirment que le passage à un système de coupons en papier pourrait faciliter la fraude et la manipulation, car les anciennes méthodes de distribution ont souvent été entachées d'irrégularités. Les défenseurs du programme soulignent que l'utilisation de coupons numériques, qui était introduite pour améliorer la transparence et l'efficacité, a été abandonnée sans explication claire.
Les organisations de la société civile, ainsi que plusieurs analystes, expriment leur déception quant à ce changement. Ils affirment que la numérisation était un pas dans la bonne direction pour moderniser et sécuriser le programme, et ils craignent que ce retour aux coupons en papier n'annule les progrès réalisés. L'ancien système de coupons a été critiqué pour sa vulnérabilité à la corruption, et beaucoup redoutent que son retour amplifie ces problèmes.
Les enjeux de cette décision sont considérables, tant sur le plan économique que social. Un accès équitable aux engrais est essentiel pour les agriculteurs, en particulier ceux qui dépendent des subventions pour améliorer leurs rendements. Alors que le gouvernement clame qu'il s'agit d'une mesure temporaire, les activistes appellent à une plus grande transparence dans la gestion des ressources et à des assurances sur la manière dont les subventions seront distribuées.