Selon Jeune Afrique, le président du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a réussi à instaurer un pouvoir très centralisé au sein de son gouvernement, malgré l'adoption d'une Ve République censée favoriser un régime parlementaire. Loin de céder le pouvoir, Gnassingbé, qui a déjà occupé le poste depuis 2005, s'appuie sur un réseau complexe d'acteurs influents qui renforcent son emprise sur l'État.
Ce réseau est composé de militaires, de technocrates et d'hommes d'affaires, qui occupent des positions clés au sein de l'administration et des entreprises publiques. Les militaires, en particulier, jouent un rôle crucial dans le maintien de l'ordre et de la sécurité, agissant comme une garantie pour le président contre les contestations. La loyauté de ces groupes est souvent entretenue par des promotions, des avantages économiques et une protection juridique.
Les technocrates, pour leur part, sont chargés de la mise en œuvre des politiques publiques et de la gestion des ressources. Leur expertise est indispensable dans un pays où le développement économique est souvent entravé par des crises politiques et des tensions sociales. Les hommes d'affaires, quant à eux, profitent de cette centralisation du pouvoir pour obtenir des contrats lucratifs et renforcer leurs positions économiques.
La combinaison de ces trois groupes permet à Gnassingbé de conserver une mainmise sur le Togo, tout en prétendant œuvrer pour un système démocratique. Cependant, la réalité sur le terrain montre que les aspirations à une véritable démocratie sont souvent étouffées par cette structure centralisée. Le peuple togolais, fatigué des promesses non tenues et des manipulations politiques, continue de réclamer des réformes et un changement de leadership.
Dans ce contexte, la question de la transition vers un régime réellement parlementaire reste ouverte. Les critiques de Gnassingbé soulignent que tant que ces groupes continueront à soutenir un système de gouvernance autocratique, les véritables changements démocratiques resteront hors de portée.