Selon RFI Afrique, la région du Cabo Delgado au Mozambique connaît une crise humanitaire aggravée par la violence du groupe armé des shebabs et les exactions des forces gouvernementales. Depuis près de dix ans, cette province septentrionale du pays est le théâtre d’affrontements qui ont conduit à un climat de peur et d’intimidation, limitant gravement les libertés civiques.
Les journalistes, qui tentent d’informer sur la situation, se heurtent à des obstacles énormes. Ils subissent des violences physiques, des menaces et des pressions pour ne pas couvrir les événements dans la région. Leurs reportages sur les atrocités commises par les shebabs, ainsi que les abus des forces de sécurité, sont souvent censurés, ce qui exacerbe le silence autour de ces violations des droits humains.
Cette situation a des répercussions sur la société civile, qui est également ciblée. Les membres d'ONG et les défenseurs des droits humains trouvent difficile d'opérer dans un environnement aussi hostile. La peur de représailles les dissuade de dénoncer les abus et de défendre les droits des populations affectées.
Dans le cadre de l'enquête « Mozambique Exposed », réalisée par le consortium Forbidden Stories, en collaboration avec RFI, une lumière est enfin jetée sur cette crise. Cette enquête souligne l'impact de la violence sur les civils et la lutte pour la liberté d'expression dans un contexte où les informations restent rares et contrôlées.
Au-delà de ces violations, la population souffre de l'insécurité alimentaire et d'un accès limité aux services de base à cause des conflits. Des milliers de personnes sont déplacées, vivant dans des conditions précaires, sans espoir d'amélioration. Alors que la communauté internationale reste en grande partie silencieuse, le besoin d'une intervention pour protéger les droits civiques et humanitaires au Cabo Delgado devient de plus en plus urgent.