Selon Jeune Afrique, la décision de Paul Biya d'introduire un poste de vice-président nommé a des conséquences majeures sur le paysage politique camerounais. Ce nouveau rôle permet à Biya de désigner son successeur sans passer par les élections, ce qui souligne une volonté de contrôler la succession politique et de limiter les ambitions de certains membres influents de son propre parti, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

Cette décision a déjà suscité des inquiétudes parmi les caciques du RDPC, qui craignent de perdre de leur influence dans un système où le pouvoir est désormais plus centralisé. En effet, la nomination d'un vice-président pourrait signifier que les aspirations politiques des membres historiques du parti seront étouffées. Ces derniers ont longtemps joué un rôle clé dans la dynamique politique du pays, et leur marginalisation pourrait entraîner des tensions internes.

La réforme est perçue comme une manœuvre stratégique de Biya pour garder le contrôle sur le parti et s’assurer que son héritage politique soit préservé. En créant une position qui le rend moins dépendant des élections, Biya se dote d’outils pour naviguer dans un paysage politique en constante évolution. Cette décision pourrait influencer les alliances et les rivalités au sein du RDPC, alors que certains membres pourraient chercher à s'assurer une place dans la nouvelle structure.

En conséquence, la réforme pourrait également affecter la perception du public envers le RDPC. Si les membres du parti ne parviennent pas à s’adapter à cette nouvelle dynamique, cela pourrait entraîner une perte de confiance de la part des électeurs, qui voient cette manœuvre comme une consolidation du pouvoir plutôt qu'une avancée démocratique. La question qui se pose alors est : ce changement renforce-t-il vraiment la démocratie au Cameroun, ou favorise-t-il au contraire un système de patronage?