Selon Libération Maroc, l'Inde, confrontée à une crise énergétique en raison de sa dépendance aux importations d'énergie pendant un conflit au Moyen-Orient, subit une forte dépréciation de sa monnaie, la roupie. Depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, la roupie a perdu plus de 5% de sa valeur face au dollar, atteignant un plus bas historique de 96 roupies pour un dollar. Cette situation a poussé le Premier ministre Narendra Modi à demander aux 1,4 milliard d'Indiens de faire des sacrifices, notamment en limitant leurs achats d'or et leurs voyages à l'étranger.

La banque centrale indienne, dans une tentative de soutenir la roupie, a mobilisé des milliards de dollars de ses réserves, limité les opérations spéculatives, et mis en place une ligne de crédit pour les importateurs de pétrole afin d'alléger la demande en dollars. Malgré ces efforts, le déficit des comptes courants, qui reflète les échanges économiques de l'Inde avec le reste du monde, est en forte augmentation et devrait dépasser 2% du PIB, le plus haut niveau depuis 2012-2013 selon Bank of America.

Les conséquences sont déjà visibles dans l'économie indienne. Les investisseurs étrangers ont retiré plus de 20 milliards de dollars d'actions indiennes depuis le début des tensions, entraînant un ralentissement des rentrées de dollars. Les industries dépendantes des importations, comme celles du secteur agroalimentaire, voient leurs coûts augmenter. Par exemple, les petites entreprises du Kerala, spécialisées dans les noix de cajou, signalent que les prix des produits importés sont devenus exorbitants, affectant leur capacité à fonctionner.

Les jeunes Indiens, notamment ceux qui prévoient d'étudier à l'étranger, ressentent également l'impact de cette dépréciation. Le coût d'une année d'études aux États-Unis a augmenté de plus d'un million de roupies par rapport à l'année dernière, forçant de nombreux étudiants à revoir leurs budgets. Le FMI a récemment placé l'Inde au sixième rang mondial, en raison de la chute de la roupie, derrière le Royaume-Uni, ce qui compromet les ambitions économiques du pays.

Le gouvernement envisage des mesures plus strictes pour tenter de redresser la situation économique, comme des augmentations de prix des carburants et des contrôles sur les transferts d'argent à l'étranger. Cependant, des économistes avertissent que ces actions ne représentent qu'un pansement temporaire à des problèmes structurels plus profonds qui doivent être abordés pour stabiliser réellement l'économie.