Selon Libération Maroc, le conflit autour du Sahara marocain prend une nouvelle tournure, avec le front polisario qui commence à reconnaître la possibilité de discuter de l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc. Ce changement, bien que subtil, constitue une rupture avec la position historique du mouvement, qui a longtemps prôné un référendum d’autodétermination. Bien que le polisario ne reconnaisse pas encore officiellement le plan marocain, cette ouverture au dialogue est perçue comme un signal important par de nombreux experts.

Depuis l’adoption de cette initiative en 2007, le Maroc a engagé une offensive diplomatique pour promouvoir son plan d’autonomie au sein des Nations unies. Le pays cherche à offrir des prérogatives locales aux provinces du Sud tout en maintenant sa souveraineté. Cette approche a progressivement gagné du soutien sur la scène internationale, notamment de la part des États-Unis, de la France, de l’Espagne et d’autres nations africaines et arabes.

À l’ONU, les résolutions récentes insistent sur la nécessité d’une solution politique réaliste et durable, souvent interprétée comme un soutien indirect à la proposition marocaine. Dans ce contexte, le polisario se trouve confronté à une réalité diplomatique complexe, avec des alliances internationales de plus en plus favorables à Rabat.

Les tensions régionales, exacerbées par les relations tendues entre le Maroc et l’Algérie, le principal soutien du polisario, compliquent encore la situation. La fermeture des frontières et la compétition d’influence au Maghreb ajoutent une couche de complexité au conflit. Cependant, plusieurs analystes estiment que le conflit pourrait entrer dans une nouvelle phase diplomatique.

Les États-Unis, en particulier, ont renforcé leur position en condamnant les récentes violences attribuées au polisario, notamment les tirs de projectiles ayant visé la ville de Smara. L’ambassadeur américain au Maroc a appelé à un engagement sérieux du polisario dans le processus de paix, soulignant que le refus de s’impliquer compromet les avancées diplomatiques.

De plus, la mission américaine auprès des Nations unies a qualifié de « décision historique » la résolution 2797, qui considère le plan d’autonomie marocain comme une base solide pour avancer vers une solution politique. Cela montre une pression croissante sur le polisario pour qu’il s’inscrive dans le cadre des discussions menées par l’ONU.

En somme, bien que la position du polisario évolue, le dossier reste encore en grande partie non résolu. Le Maroc continue de considérer l’autonomie comme la seule voie de négociation viable, tandis que le polisario persiste à défendre le principe de l’autodétermination. Cependant, l’équilibre diplomatique semble se déplacer progressivement en faveur du Maroc, alors que la communauté internationale renforce son soutien à l’initiative marocaine.